Compte Rendu Championnat d'Espagne d'Ultra-Trail 2014

Mon récit

Mardi 13 mai

Je quitte la Guadeloupe en direction de l'Espagne.

Une nuit d'avion pour traverser l'Atlantique ;je prends un ti' punch et un peu de vin avec le repas en espérant que cela m'aidera à trouver le sommeil car la nuit va être courte.

Mercredi 14 mai

Aéroport d'Orly, j'ai 4 h d'attente avant mon vol pour Bilbao ; le hasard fait bien les choses, je retrouve Cyril pour prendre un bon petit déjeuner dans un starbucks coffee. C'est toujours un réel plaisir d'avoir des discussions avec lui, on travaille sans s’en rendre compte .Des idées de génies sortent de nulle part, c'est un peu comme cela qu’est né le Waa team au milieu du Sahara.

Un peu de travail sur l'ordinateur et 1h30 de vol et me voilà au pays des Toreadors.

Mon ami Pablo est là pour m'acceuillir, il m'a prévu un programme de ministre.
Direction Santander, petite ville balnéaire au bord de l'océan atlantique.
Nous faisons une petite préparation sur la conférence que nous devons donner dans le magasin de course à pied Solo Runners. Une belle partie de rigolade se met en place, nous avons déjà du mal à mettre en marche le rétro-projecteur.

Au final tout se passe bien en parti grâce à Pablo, les traileurs présents ont passé un excellent moment. J'espère leur avoir au moins apporté un jeu de de 7 familles à la leur château de cartes. Et hop nous nous changeons vite fait pour aller faire une sortie avec un groupe d'une dizaine de personnes sur la côte Atlantique, c'est magnifique, nous voilà entrain de gambader au coucher du soleil.

Sacré expérience en 24 heures, je passe du rythme Caraïbéen, diner à 19h30 couché à 21h30 au rythme espagnole diner à 23h et couché à 1h30. 

Jeudi 15 mai

Réveil à 8h , nous partons faire une sortie de 2h entre forêt, collines et falaises au bord de l'océan. C'est vraiment super beau.  Aucun regret d'avoir écourté ma nuit.

Petit repas du midi chez la famille, bien sûr à 15h, et nous rentrons à la maison préparer notre sac car Ana l'épouse de Pablo finit le travail. Nous prenons les routes pour Castellon , au programme 7h de route pour rejoindre la mer Méditerrannée.

Après quelques haltes nous arrivons à destination à 3h du matin.

Vendredi 16 mai

Une bonne grâce matinée jusqu'à 9 h. Hum voilà bien longtemps que je ne me suis pas levé aussi tard.

Petite balade au bord de mer et une bonne paëlla au riz noir. De quoi recharger les batteries en vu du bel ultra de demain.

19 h, nous allons à la remise des dossards et la présentation des coureurs. J'ai le numéro 2014 ,je rencontre beaucoup de personnes que je connais mais impossible d'engager une conversation tellement j'ai mal à la gorge.

J'essaie quand même avec le langage des signes iiiiiiiii.

Je me sens le seul muet dans cette foule espagnole qui parle au rythme du tambour d'une fanfare.,Je rencontre 2 tahamaras ,je connaissais leur existence par le livre « born to run ». Je suis très ravi de faire leur connaissance. Ils sont habillés d'une jupe, de sandales et d'un bandeau sur la tête. Cela  me replonge dans l'histoire extraordinaire de ce peuple hors du commun.

Une photo de groupe et il est temps d'aller finir son sac de course, manger et faire une bonne nuit .

Samedi 17 mai

4h réveil, une petite nuit de 5 h, la gueule dans le cul je décide d'aller prendre une douche pour me sortir de là.

Un petit déjeuner, et nous voilà parti en direction de la ligne de départ.

Nous avons rendez sur la fameuse piste de 400 m en tartan., un départ digne d'un championnat. Il y a beaucoup de monde et l'ambiance est extraordinaire.

Un tahamaras est à coté de moi. J'essaie de ne pas lui marcher sur les pieds 10,9,8..5,4,3,2,1 bamos ! 

C'est parti assez vite. Je regarde la couleur des dossards car le trail de 63 km a pris le même départ que nous.

Nous sommes à 16 km/h ,je me sens mieux que je ne le pensai. La première parti est assez plate avec de belles vues sur la méditerannée.

Je suis 3 ème avec Raul . Nous faisons route ensemble un bon bout de chemin.

Le soleil se lève sur la mer pendant que nous attaquons les premières falaises avant d'entrer dans le vive du sujet, la montagne.

Nous passons à coté de champs d'olivier et d'amandier, il est 8h30, la chaleur commence à être au rendez-vous,

3h30 de course un peu moins de 40 km, j'entend mon tonio dans le creux de l'oreille. Cricri tu vas trop vite, il a surement raison mais je me sens bien. La course à pied est un plaisir pour moi avant tout et non une compétition, je cours à la sensation et non en regardant un plan de course.

Km 50, cela devient de plus en plus montagneux, c'est magnifique, nous traversons des canyons de roche rouges, un 2, 3, nous pas soleil, c'est Migual Heras Gerard de chez Buffet un 3 ème qui nous rattrape avec une belle foulée. J'essaie de prendre leur pas, mais impossible, je décide de rester avec Raul. De tout façon ces 3 hommes sont bien plus rapide que moi .

Km 60 nous voilà à mi-course, je me ravitaille un peu car j'ai du mal à avaler. Au bout de 4 km, plus de balise, Raul et moi avons raté une intersection et hop 2 km en plus du à une pose caca du jalonneur, nous voilà à la 10 ème place.

Raul peine un peu, je l’encourage pour qu'il me suive, au loin je vois Silvano un tahamaras, je le rattrape, mais dommage. Il n’est pas trop bavard, j'aurai bien aimé converser avec lui. Je suis très impressionné par sa foulée légère les claquettes au pied.

Je prends les devants pour l'emmener avec moi ,mais les montées le mettent en difficulté, je l'encourage, mais pas moyen. Il va falloir un jour que j'aille dans son pays pour en savoir plus sur lui sur le mode de vie. Cela me passionne et pourquoi pas « trocké » mes hokas contre une paire de sandale le temps d'un voyage.

Km 72 , gros ravitaillement. Une petite soupe, un café, une banane et c'est reparti pour moins de 50 km. Je fais le yoyo entre la 8 et la 9 ème place à travers cette montagne qui devient de plus en plus technique.

Km 100 ,c'est la fin plus de jus, vomissement, diarrée,et merde, il va falloir y aller. Musique à fond dans les oreilles, et le waarrior enfin ce qu'il en reste est reparti.

18 km et oui un vrai chemin de croix pour moi. 4 coureurs me rattrapent au fur et à mesure sur ce dernier tronçon. Ils  m'encouragent et me demandent de les suivre, mais impossible. J’essaie de me changer les idées avec le paysage et la musique . 

Je fini tranquillement et je franchi la ligne d'arrivée 12ème en 13h44 sur les encouragements de mon ami Pablo et de tous les spectateurs.

Encore merci à l'organisation, à Ruben, Pablo, Ana, Raul aux bénévoles pour cette magnifique Waaventure que je viens de vivre.

Je reviendrai refaire cette ultra-trail et promis je ne serai pas malade.

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