Compte rendu UTMB

Après une semaine bien chargée en vidéos, itw, séances photo et boire du vin rouge, chose vraiment à ne pas faire avant une grande course…, me voilà au départ de cette majestueuse course qu'est l'Ultra Trail du Mont Blanc®.Le plus grand trail du monde à mon avis pour son niveau international, son parcours ludique et magnifique et son règlement très strict qui met tous les athlètes à égalité.
Des frissons s’emparent de mon corps, ce n’est pas de la peur ni du stress, juste le plaisir d’être là et d’avoir le privilège de courir avec les traileurs les plus forts au monde.

Quel beau sport : tous les élites s’encouragent avant le départ.

La pluie s’abat sur Chamonix, vivement qu’ils lâchent les fauves, je me sens comme un lion en cage.

Allez c'est parti, 10.9.8.7.6.5.4.3.2.1, on y est vraiment maintenant.

Une marée humaine nous ouvre un chemin pour sortir de la ville, c’est énorme, toutes les générations et les différentes classes sociales sont là, rien que cette image valait la peine d’être là.

Me voilà dans le peloton de tête composé d’une vingtaine de coureurs dont François Dhaene que je fais rire en lui disant qu'il est poursuivi par 2000 personnes.

Après quelques km le rythme est bien trop rapide pour moi, je décide de ralentir et de prendre mon allure de croisière, la semaine qui suit je cours le Tor des Géants donc l'objectif n’est pas de se mettre dans le rouge.

La pluie est de plus en plus forte, un terrain gras complique la course si bien que je me prends Le Saux de l’ange dans la descente de St Gervais. Je me relève, je rassemble mes morceaux et poursuis mon chemin.

Les Contamines : au micro on annonce la première féminine, bizarre personne n’est derrière moi, ma chevelure a encore trompé le speaker. Je retrouve mon ami Stephen qui m’aide au ravito, il me conseille de mettre ma veste, mais je ne veux pas, je préfère manger et repartir au plus vite pour ne pas me refroidir.

Enfin les 3 premières filles me doublent, je les encourage et je leur dis qu’elles n’ont rien à craindre de moi car j’ai un service 3 pièces en plus de ma crinière dorée.

Je me fais rattraper par mes amis François et Renaud avec qui on fait un bon bout de chemin tout en discutant, on n’a même pas l’impression d’être sur une course, mais arrivés aux Chapieux, on nous le rappelle en nous faisant le contrôle du sac. Les bénévoles étaient si gentils que je voulais rester avec eux pour continuer à rigoler.

Mais il fallait repartir. Tête en l’air, j’en ai même oublié mes bâtons et été obligé d’aller revoir la petite dame pour lui voler un dernier sourire avant l’ascension du col de la Seigne.

Tout se passe super bien, je vais bientôt arriver dans la vallée d’Aoste, un endroit qui me tient à cœur car c’est un peu comme chez moi.

Courmayeur est en vue, super je vais retrouver Anne qui est là pour m’aider au ravito.

Je rentre dans le palais des sports de Dolonne, c’est trop sérieux ici, je retrouve Anne et mes amis Stephano et Alberto le président, je leur envoie quelques blagues, histoire de détendre l'atmosphère, on est mort de rire.

Je change mon train de pneu Hoka, mange un peu et repars de plus belle, et comme d’habitude obligé de faire demi-tour pour reprendre mes bâtons : c’est vrai que d’habitude je n’en ai pas !

La montée à Bertone, je la connais comme ma poche, j’en profite pour faire un bout de chemin avec Nathalie Mauclair, petit bout de femme très courageuse, je l’encourage avant de m’éclipser dans la nuit.

Incroyable : nous sommes à plus de 80 km et toujours autant de lucioles derrière que devant moi. Cela montre vraiment le haut niveau de l’épreuve et je vous promets je ne chôme pas, je suis à la 40
ème place.
Une luciole qui ne bouge pas devant moi, est elle en pause caca ? Et non c’est Erick Clavery qui est au téléphone car il veut arrêter. Je lui dis de raccrocher vite fait et de venir avec moi ; le connaissant, avec tous les sacrifices qu’il a faits, il ne peut pas abandonner.

Nous voilà partis tous les 2, nous rattrapons petit à petit du monde et cela nous encourage davantage.

L'union fait la force, cela se révèle vrai, nous retrouvons des ressources inespérées.

A la Fouly toute la famille d’Erick est là, ma waamille aussi, nous voilà reboostés pour arriver à Champex et attaquer le dernier marathon.

La météo est superbe avec des paysages magnifiques.

Petite pause à Champex avec un petit clin d’œil à mes amis suisses Bébert et Papy. Le démarrage est un peu dur, Erick traîne un boulet, je lui dis de partir et que je m’en sortirai seul. Mais il ne veut pas. Au pied de Bovine, je reprends les devants et nous montons à une très belle allure, si bien que l’on rattrape 4 coureurs dont Nuria Picas qui est très fatiguée, on lui propose notre aide et elle nous remercie.

Arrivée à Trient après une superbe descente, encore une petite pause pour un contrôle de sac avant de se ravitailler.

Anne est d’une grande aide pour moi au ravito, je commence vraiment à être fatigué et je ne veux rien manger, elle me force .Je me relève, merde mon genou bloque. Aaaaaaaah ça fait mal. Je dis à Erick que je repars tranquille en marchant en l’attendant.

J’en chie dans la montée de Catogne, et merde on va pas se laisser abattre, une vipère traverse devant nous, c’est un signe : en avant, c’est pas le moment de s’arrêter.

Vallorcine au loin, nous allons retrouver des forces auprès de nos amis qui nous soutiennent.

Le staff d’Erick lui dit de forcer un peu car un top 20 est possible, moi je lui dis que je ne le suivrai pas car je dois garder des forces pour le Tor des Géants. On avance quand même d’un bon pas .Nous arrivons sur les hauteurs de la Flégère où nous avons le privilège de rencontrer un bébé chamois, on prend même le temps de faire une photo !

Le chemin technique nous casse les pattes ; la magnifique vue sur le Mont Blanc nous fait oublier nos douleurs, mais vivement la descente !

Dernier ravito, un peu d’eau et on descend sur Chamonix à bloc afin de conserver notre 25
ème place.
L’arrivée à Chamonix est magique, un monde de fou, des encouragements de partout si bien que l’on ne sait plus où donner de la tête. C’est vrai : le duo d’un champion du monde et d’un waagabond qui parcourt le monde est exceptionnel.

La flamme rouge, un km ; on entend Ludo au micro, il est à bloc, nous sommes portés par sa voix.

Nous voilà nous voilà, j’y crois pas ! Erick récupère son fils et nous franchissons la ligne d’arrivée ensemble.

Que du bonheur, ma waamille est là, Sonia m’offre mon petit jaguar, c’est trop beau.
 
Merci Erick pour cette waaventure partagée, merci Anne, Tonio, Coincoin et toute la waamille pour votre aide, merci à tous les bénévoles et merci à Catherine et Michel de nous permettre de vivre cela.
 

 

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